Entreprendre dans la presse en 2012 – conférence HEC Média

12 décembre 2012 · par Pierre Sidem

Entreprendre dans la presse en 2012 – conférence HEC Média

12 décembre 2012 · Média, Stratégie · 7 min de lecture
Production de contenusweb

Très intéressante conférence du groupement HEC Média sur l'évolution du secteur de la presse. Autour de la table : Christine Kerdellant (Groupe l'Express l'Expansion), Fabrice Geurchel (Philosophie Magazine), Cédric Ciré (Webedia), Louis Vaudeville (C.C et C, éditeur multimédia).

Les gros acteurs historiques du print sont plombés par le dilemme du « print + web ». L'industrie est en train de se bipolariser entre des acteurs agiles pure players sur le web, et des acteurs qui revendiquent le print sur des tendances sociétales.

Webedia a très vite créé une galaxie de sites web thématiques grand public, monétisés par la publicité : 20 M€ de CA, 150 collaborateurs, 7 M€ d'EBITDA. Le modèle : produire un flux de contenu calé sur le « territoire de marque » d'un annonceur, avec des outils (CMS et AdServer intégrés propriétaires) permettant d'industrialiser des opérations sur mesure. Cédric Ciré insiste sur le fait que la barrière à l'entrée est essentiellement organisationnelle.

Côté financement : Webedia a été fondé avec 30 K€, avec 3 ans de pertes jusqu'au point mort — un métier de coûts fixes. Le BFR pèse lourd car les clients et agences paient tard, et au point mort atteint, aucune banque n'a accepté de prêter car les comités de crédit ne regardent que le passé.

Philosophie Magazine a commencé en 2006 par l'échec de son numéro zéro, puis un retour volontariste à la rédaction d'articles qui « prennent du temps ». Le titre, plutôt print, avec une arrivée tardive sur le web, ne vit pas sur la pub (10% du CA) mais sur ses ventes au numéro, à un prix élevé de 5€. En presse papier, le problème c'est la distribution et le « réglage » des points de vente, pour minimiser le taux de bouillon sans générer de pénurie. Le financement s'est fait quasi intégralement sur fonds propres du fondateur, ancien banquier d'affaires.

C.C et C, en production télé, dépend du préfinancement auprès des diffuseurs. La clé de différenciation : un procédé unique de colorisation. Un réel potentiel pour les nouveaux usages : les tablettes comme « deuxième écran » simultané pour les téléspectateurs.

En conclusion : le secteur se recompose, les gros acteurs historiques sont englués entre print et web — il y a des niches à prendre.

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